J’ai survécu au burnout…

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J’ai survécu au burnout…

Au tout début du début-début, je rêvais d’être architecte, puis architecte d’intérieur, puis décoratrice, puis graphiste… Bref, je rêvais d’un boulot créatif.

Puis, comme des avis « bienveillants » m’ont dit que c’était soit trop difficile (j’ai toujours été nulle en math) soit bouché, il valait mieux que je fasse un boulot sûr et dans une branche où je suis plutôt bonne. J’ai donc fait des études pour être prof de français-histoire. Cela ne me plaisait pas spécialement (je préférais préparer des cours hyper jolis et graphiques) et j’ai failli arrêter quelques fois. Mon diplôme en poche, n’ayant pas aimé l’idée d’enseigner à 20 ans (je ne voyais pas ce que je pourrais apporter à ces jeunes alors que je ne connaissais rien à la vie..), je me suis inscrite dans une école de Techniques infographiques, après 2 ans d’essai comme copywriter-web designer (formée « sur le tas »).

Trois ans plus tard, j’ai trouvé rapidement un job dans une grosse agence de pub où je suis restée 6 ans et demi, en faisant des tâches parfois très répétitives et barbantes, parfois plus créatives. Mais le rythme d’une agence pousse à être très productif et le cerveau est soumis à rude épreuve pour trouver des idées créatives à la pelle, dans le budget imparti pour le projet. Cela m’a usée, avec les années. Sans parler de l’ambiance d’open space qui ne me convient pas du tout, à faire abstraction du bruit ambiant, des interruptions intempestives, tout en jonglant avec le téléphone, les mails en anglais, les jobs urgents.
Je rentrais parfois très tard, parfois plusieurs jours d’affilée. Parfois une semaine d’affilée. J’étais debout à 6h du mat, et je me tapais 1h30 d’embouteillages matin et soir. Souvent, je ne mangeais pas le soir, ou peu, ou (très) mal. Souvent, à midi, je mangeais mal aussi (fast food 1 à 2 fois par semaine, surtout quand j’étais fatiguée..).
Mais j’étais jeune, en bonne santé (enfin… globalement) et tout le monde faisait comme ça, alors c’est que c’était normal… Et puis c’est ça non, la réussite sociale ?! Avoir un bon job bien payé, une voiture, une maison.

La fatigue psychologique du stress, des embouteillages, de l’open-space et de l’hyper-sollicitation m’a petit à petit épuisée. J’avais les moyens de partir en vacances plusieurs fois par an, mais cela ne me reposait pas. Je rentrais de vacances épuisée. Et frustrée. Je n’avais parfois pas la force de voir mes amis le week-end.

Mon cerveau a fait « pfiouuuuuuu…….. ». Vous savez, comme quand on débranche un ordi qui est en pleine surchauffe. Encéphalogramme plat. J’ai grillé un fusible.

J’ai changé de boite, cherchant l’éventualité d’un job un peu plus créatif peut-être, mais le mal était fait : j’étais en burnout. A 33 ans. J’ai tenu 6 mois dans la nouvelle boite où la pression était encore bien plus forte. Et puis, recommencer ailleurs, c’est à nouveau faire ses preuves, se réadapter, recommencer à zéro.
Un jour, sans crier gare, mon cerveau s’est arrêté de fonctionner.
Je me souviens de ce moment comme si c’était hier…
Je venais de travailler sur un graphisme de site web qui ne m’inspirais guère, respectant toutes les contraintes de la charte graphique tout en essayant de faire un truc super joli, et j’étais debout à côté de mon Directeur de Création en lui demandant son avis. Quand il m’a dit, sans me regarder (stressé lui aussi par le rythme effréné), que c’était vraiment nul, mon cerveau a fait « pfiouuuuuuu…….. ». Vous savez, comme quand on débranche un ordi qui est en pleine surchauffe. Encéphalogramme plat. J’ai grillé un fusible.

Je suis allée me rasseoir à ma place dans l’open-space (encore l’open-space…) et je n’ai plus rien su faire jusqu’à la fin de la journée, bougeant vaguement ma souris pour montrer qu’il restait un peu de vie en moi.. Je me suis même demandée où j’habitais et où je devais rentrer, après ma journée de travail…
Mes collègues directs m’ont un peu regardée, vaguement inquiets, pris aussi dans la tourmente des missions et mails urgents.
Je suis rentrée chez moi, comme tous les jours. Mais je savais que c’était terminé. Quelque chose en moi était brisé. J’étais aussi parfaitement dégoûtée par mon job, que j’adorais pourtant tellement.

C’était il y a 6 ans.
J’aurai travaillé 7 ans en agences de pub, et il m’aura fallu 6 ans pour m’en remettre… 

A l’époque, je ne savais pas que je suis Asperger. Je le sais depuis peu. Je ne connaissais pas les difficultés que les Asperger ont de travailler dans un environnement bruyant, sous une pression considérable, dans un bureau open space qui ne laisse pas un instant de tranquillité (à part aux toilettes.. et encore..) et pour qui les activités de team building sont un pur cauchemar. Cela a sans doute ajouté pas mal de gouttes à ma coupe qui était déjà bien pleine.
Je ne savais pas non plus que toutes les petites maladies chroniques que j’avais depuis à peu près toujours (otites, sinusites, douleurs articulaires, syndrome de l’intestin irritable, cystites, mycoses…) étaient en fait les manifestations d’intolérances croisées qui ont fini par épuiser mon organisme sous tension en permanence (ce que Taty Lauwers appelle les « canaris de la modernité ». J’en parlerai dans un prochain article). Non, je n’étais pas hypocondriaque.. Je l’ai su il y a peu également.

Asperger ou pas, intolérances ou pas, nous sommes nombreux à tirer sur la corde du mental et du physique pendant de nombreuses années, en tentant de satisfaire la pression sociale. Car certes, il y a le boulot, mais pas que. Souvent, on s’impose ou on nous impose des impératifs dans la famille, dans le(s) cercle(s) d’amis. C’est une addition pourtant assez facile à réaliser, mais dont on ne prend souvent conscience que lorsque tout s’arrête.

Le burnout est encore peu connu. Il tend à être mieux considéré par le corps médical qui ne voit plus en lui une preuve de « faiblesse psychologique », mais plutôt comme un excès de perfectionnisme et de stress, voire d’optimisme (voir l’article que je référence en notes, ci-dessous). La société, elle, considère encore le burnout comme une faiblesse, souvent.
Des articles, des livres fleurissent sur le sujet. On étudie peut-être un peu plus le phénomène puisqu’il devient si fréquent. Et survient de plus en plus jeune.
Bien sûr, on est conscient que c’est un peu « à cause de la pression au boulot et dans la société », mais au fond on ne sait pas très bien pourquoi certain(e)s craquent (et pas d’autres) ni, surtout, comment changer la société..

Que les médecins l’admettent ou non, on ne sait pas guérir un burnout avec la médecine classique. Au mieux, on va vous prescrire 2 mois d’arrêt (ou plus) avec des anxiolytiques et/ou antidépresseurs, et peut-être un accompagnement psychologique et/ou sophrologique, par exemple. Au pire, vous aurez deux semaines d’arrêt qui ne changeront rien. Vous retrouverez souvent les mêmes conditions de travail, avec un vague aménagement des choses si vous êtes chanceux, et le regard de travers (ou inquiet) de vos collègues.

Etonnamment, il semble exister assez peu d’études sérieuses sur le fait qu’en cas de burnout, c’est le corps qui lâche. Pas le mental. Ce sont les organes, le système hormonal. Et puis, quand va-t-on parler du SENS ? Des valeurs ? Du manque de cohérence entre notre vie et nos valeurs profondes ?

Quand j’ai fait mon burnout, j’ai eu la chance d’avoir la possibilité de tenter une nouvelle vie en Martinique, histoire de faire un grand écart entre deux extrêmes… Le Luxembourg et sa relative superficialité d’un côté, la vie au jour le jour d’une île tropicale de l’autre, avec tout ce que cela comporte d’instabilité.
Mais j’ai emporté mon burnout avec moi, ainsi que tout ce qui n’était pas résolu dans ma vie (c’est-à-dire, somme toute, un assez gros paquet de casseroles…).
Je suis donc rentrée en Belgique un an plus tard, en ne voyant comme porte de sortie qu’une seule option : me lancer comme indépendante dans le web design. Je ne pouvais plus imaginer l’idée d’avoir un boss. Je voulais faire mes propres choix, retrouver un rythme qui m’était propre. Je n’ai jamais regretté ce choix, car il m’a permis, petit à petit, de me poser les bonnes questions et de revenir à la base de la base : c’est quoi mon rythme, mes besoins, mes valeurs ? Qu’est-ce qui fait sens pour moi ?
Car après 1 an et demi de freelance, il a bien fallu que je me résolve à admettre que j’étais en épuisement chronique. Que le burnout était toujours là. A me coller aux baskets, depuis près de 3 ans. Mais au fond, sans doute depuis beaucoup plus que cela… Car avant de lâcher, le corps est capable de tenir trèèèès longtemps…

Je vous passe ici les détails de mes pérégrinations tous azimuts pendant 1 an et demi depuis cette prise de conscience, entre médecine classique, arrêt de la pilule contraceptive – avec ses effets rebonds catastrophiques (vertiges, nausées qui m’ont empêchés de travailler pendant des mois) -, traitements médicamenteux lourds pour les vertiges et santé alternative, notamment par la naturopathie. Aucune piste n’a fonctionné. Pire, cela m’a considérablement aggravé.
Fin 2016, j’étais donc sur les genoux, au bout des possibilités que je connaissais et je me résignais à arrêter mon statut d’indépendante. Je n’avais même plus la force de bosser à mi-temps pour quelqu’un. J’avais perdu pas mal d’amis au passage, qui ne comprenaient pas mes démarches et recherches, et me croyaient dépressive, orthorexique, en plus d’être soi-disant hypocondriaque..

Et c’est là que je tombe « par hasard » sur le livre de Taty Lauwers « Quand j’étais vieille – Sortir du burnout ». Ô révélation !! Et révolution !
J’ai compris qu’il y avait une sortie au tunnel.

Coachée par Maya Dedecker qui pratique l’approche de Taty, puis m’inscrivant d’emblée à la formation ART (Alimentation Ressourçante de Taty Lauwers), j’ai petit à petit sorti la tête de l’eau.
En reprenant tout à zéro : sommeil, alimentation, valeurs, émotions, sensibilités…
J’ai patiemment reconstruit ma vie en comprenant, grâce à l’approche de Taty, les causes de mon épuisement chronique (le foie épuisé, les intolérances, la digestion catastrophique, les glandes surrénales au bout du rouleau…) et en retrouvant mois après mois une énergie que je croyais définitivement passée aux oubliettes.

J’ai commencé un plan alimentaire ciblé pour mes intolérances, accompagnée par Maya Dedecker, en janvier 2017, tout en appliquant les méthodes de repos mental, électro-magnétique, couché et alimentaire que Taty développe dans son livre sur le burnout. Et puis j’ai lâché le mental et suivi exclusivement mes intuitions, faisant confiance en l’instinct de survie que mon corps avait développé dans ces années de crise.
Un an plus tard, bien que je ne sois pas encore totalement sortie du burnout (il faut compter ¼ du temps où vous avez été en burnout en plan ciblé pour vous en sortir), je respire enfin. Et je suis aujourd’hui slasheuse : je jongle entre 2 métiers de freelance. Le Design Web d’un côté et le Profilage Nutritionnel de Taty Lauwers de l’autre. Sans compter tous les projets qui fleurissent à nouveau !

Au final, non seulement j’ai survécu au burnout, bien qu’il m’ait fallu des années pour trouver une voie sérieuse pour m’en sortir, mais je peux affirmer haut et fort que ce fut l’une des expériences les plus positives de ma vie !
Le burnout m’a permis de sortir des limbes de la survie (ou de la sous-vie) et de comprendre ce dont j’avais besoin pour vivre…

A LIRE ABSOLUMENT !

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